La question de
l'évaluation intervient généralement lorsque
l'exploitant souhaite vendre ou transmettre son
fonds de commerce. Plusieurs raisons peuvent le
motiver à vendre : soit un départ à la retraite et
donc une cessation définitive de l'activité, soit
l'envie d'acquérir une nouvelle affaire et pourquoi
pas dans un secteur d'activité totalement différent
du premier dans lequel il exerçait. Autant de
raisons qui poussent inéluctablement l'exploitant à
devoir évaluer, ou faire évaluer son fonds de
commerce, dans l'objectif d'une vente future.
L'équipe de
AvocatPasCher.com vous donne un conseil d'une grande
importance : "Une vente bien préparée est une vente
rapidement achevée". L'évaluation du fonds de
commerce est une étape primordiale qui facilite le
processus de négociation du prix de cession avec les
acquéreurs potentiels.
Nous tenions à préciser que l'évaluation du fonds de
commerce est aussi importante pour le vendeur comme
pour l'acquéreur. En effet, vous supprimez tout
risque pour l'un de vendre le fonds à un prix
inférieur à sa valeur réelle, et à l'autre
d'acquérir un fonds à un prix supérieur à sa valeur
réelle.
Beaucoup d'exploitants se font des illusions sur la
valeur réelle de leur fonds et, de ce fait, ne
trouveront pas rapidement un acquéreur au prix
demandé.
Nous allons vous guider dans la façon d'évaluer
votre fonds de commerce, il existe plusieurs
méthodes qui permettent une approche objective de la
valeur d'un fonds de commerce.
Le plus
souvent un fonds de commerce comprend des éléments corporels
tels que :
•
les agencements, installations et aménagements,
•
le mobilier, matériel et outillage,
•
le stock de marchandises,
et des éléments incorporels tels que :
•
la clientèle et l'achalandage,
•
la notoriété,
•
le droit au bail,
•
le nom commercial, l'enseigne,
•
les licences de restaurant ou débit de boissons, les
marques, brevets, dessins et modèles attachés au
fonds.
L'évaluation du fonds de commerce englobe la
valeur de l'ensemble de ces éléments, à l'exception
du stock de marchandises, qui fait l'objet d'une
évaluation séparée. Sont également exclus : les
dettes, les créances, les biens immobiliers.
Il existe différentes méthodes d'évaluation d'un
fonds de commerce :
•
des méthodes de mathématiques financières
assez complexes et en réalité peu utilisées,
•
des méthodes empiriques fondées soit sur une
évaluation d'après les bénéfices, soit d'après le
chiffre d'affaires, soit d'après la valeur du droit
au bail.
N.B. La valeur du fonds de commerce doit
correspondre au minimum à la valeur du droit au
bail.
Il existe une grande
diversité de méthodes d’évaluation des fonds de
commerce (méthodes mathématiques, évaluation par
comparaison, évaluation par les bénéfices,
etc.). Chacune des parties va choisir la méthode
la plus favorable à ses intérêts, la fixation du
prix définitif résultant de la négociation. Néanmoins, la méthode la plus connue et
la plus simple est celle dite des "barèmes par
professions", reposant essentiellement sur les
chiffres d’affaires.
En effet, si le bénéfice réel
est très difficile à obtenir, le chiffre
d’affaires est un élément mieux connu, figurant
notamment dans les déclarations fiscales,
puisqu’il conditionne le paiement de la T.V.A.
NOTA :
Le chiffre d’affaires à
retenir est le chiffre d’affaires brut, TVA
incluse.
Pour le chiffre d’affaires
journalier, il convient de diviser le chiffre
annuel par le nombre de jours ouvrables, qui
peut varier selon le commerce considéré.
A / Remarques préalables
- Les méthodes présentées
ci-dessous doivent être utilisées avec
précaution car elles permettent uniquement une
première approche de la valeur du bien, à
corriger en intégrant les éléments propres au
fonds de commerce (conditions du bail,
emplacement du commerce, facteurs inhérents à
l'activité commerciale, etc.).
- Les pourcentages et les
coefficients évoqués ci-après correspondent à
une observation des pratiques du marché. Ils
oscillent en fonction de la nature du fonds
objet de l'évaluation. Les barèmes les plus
élevés s'appliquent aux fonds localisés dans des
zones attractives ou dont les locaux sont
spacieux et en bon état. A l'inverse, les
barèmes les plus bas concernent les fonds situés dans
une rue peu commerçante ou dont les locaux sont
en mauvais état.
- Enfin, les pourcentages et
les coefficients ne sont plus utilisés quand le
chiffre d'affaires annuel dépasse un plafond
variant selon la nature de l'activité
commerciale. Dans tous les cas, il convient de
se référer aux usages de la profession.
B /
Méthodes d'évaluation
1. Méthodes les plus fréquemment utilisées
- Évaluation par le chiffre d'affaires
Le chiffre d'affaires retenu
est, en principe, celui correspondant aux
recettes, TVA incluse. Cette méthode, couramment
utilisée par les experts et les tribunaux,
consiste à dégager le chiffre d'affaires annuel
moyen sur la base des trois dernières années
d'exploitation et à lui appliquer un pourcentage
variable en fonction de la nature du commerce
considéré (généralement compris entre 40 et
100).
Le chiffre d'affaires à
prendre en compte s'entend toutes taxes
comprises. Il ne tient pas compte de la valeur
des marchandises qui doivent faire l'objet d'une
évaluation distincte.
- Évaluation par le bénéfice reconstitué
Le bénéfice réel est
reconstitué à partir du bénéfice déclaré
fiscalement et auquel on ajoute des éléments
déductibles en comptabilité, comme
la rémunération du dirigeant et les charges
sociales, les amortissements, les intérêts et
agios d'emprunts
Il s'agit de considérer le
bénéfice annuel moyen tel qu'il résulte des
bénéfices comptabilisés dans les trois dernières
années et à le multiplier par un coefficient
déduit d'une observation objective du marché. Ce
coefficient peut varier entre 1 et 8 selon la
localisation et la nature du fonds de commerce à
vendre. Néanmoins, il est quasiment toujours
compris entre 3 et 5.
2. Autres méthodes
Hormis les deux méthodes
supra, il existe d'autres moyens pour dégager la
valeur d'un fonds de commerce. L'évaluation
peut, par exemple, être déterminée en fonction
du loyer du local commercial, du prix au mètre
carré ou de la redevance de gérance libre
lorsque le fonds a été mis en location-gérance.
Une autre technique réside
dans la comparaison avec les prix pratiqués sur
le marché pour la même catégorie de fonds,
notamment à partir des critères suivants : le
secteur d'activité, le volume d'affaires,
l'emplacement commercial, la surface et l'état
des locaux etc.
Dans la
plupart des cas, les professionnels utilisent la
méthode usuelle du chiffre d'affaires réalisé au
cours des trois derniers exercices pour donner une
valeur objective à leur fonds de commerce.
D'après cette méthode d'évaluation, la valeur du
fonds de commerce représente soit un pourcentage du
chiffre d'affaires annuel réalisé, soit un multiple
de ce chiffre d'affaires, soit encore un multiple de
la recette journalière.
Attention, il s'agit d'une méthode approximative où
les ratios reflètent le prix de cession moyen
pratiqué dans un secteur d'activité donné. Le prix
de cession que vous attribuerez à votre fonds de
commerce sera à nuancer selon la localisation
géographique de votre fonds de commerce. Exemple :
un fonds situé dans un très beau quartier devra
avoir un prix de cession supérieur à la moyenne, ce
qui n'est pas le cas pour les fonds localisés dans
des zones moins favorisées.
Ainsi, pour
une entreprise ayant réalisé respectivement un
chiffre d'affaires de :
150 000 € en 1996
200 000 € en 1997
250 000 € en 1998
On
retiendra comme base de calcul :
600 000 € : 3 = 200 000 (chiffre d'affaires moyen)
Pour ce qui est de la détermination de la recette
journalière, on considère d'usage qu'une année de
chiffre d'affaires représente 300 recettes
journalières.
En reprenant comme hypothèse un chiffre d'affaires
moyen de 200 000 €, la recette journalière sera de :200
000 € / 300 = 666,67 €
BARÈME D’EVALUATION
DES FONDS DE COMMERCE PAR ACTIVITE (*)
(*) Source : Mémento fiscal FRANCIS
LEFEBVRE 2005
AVERTISSEMENT
Il n'existe pas de barème
officiel, toutefois le barème FISCAL FRANCIS
LEFEBVRE, qui n'a aucun caractère officiel,
est celui qu'utilisent généralement les
experts et les tribunaux. Il doit être manié
avec précautions en tenant compte notamment
des observations suivantes :
- les pourcentages de
chiffre d'affaires TTC sont normalement plus
significatifs que les pourcentages de
bénéfices,
- les résultats obtenus
doivent être corrigés pour tenir compte des
caractéristiques propres à l'affaire
(conditions du bail, valeur de
l’emplacement, conjoncture économique dans
la branche exercée, importance et état des
agencements, matériel, mobilier commercial,
existence de parking, etc.),
- les pourcentages doivent, dans une certaine mesure, être réduits lorsque le chiffre d'affaires atteint une somme importante,
- le chiffre d'affaires retenu est souvent le chiffre moyen des trois dernières années,
- le barème n'est pas appliqué dans certains cas particuliers
(1)
- les valeurs obtenues à l'aide du barème s'entendent "matériel compris" mais à l'exclusion, bien entendu, du stock de marchandises.
(1) La valeur vénale des fonds de commerce
et des clientèles doit, elle aussi, être déterminée
par comparaison avec des cessions, en nombre
suffisant, de biens similaires.
On a également souvent recours à des barèmes par
profession, établis généralement en pourcentage de
chiffre d'affaires. Ces barèmes sont toutefois
écartés dans certains cas particuliers, par exemple
en ce qui concerne les commerces de gros (valeur
souvent déterminé sur la base de 1 ou 2 années de
bénéfices + matériel), les succursales...
Les méthodes d'évaluation par les bénéfices, d'après
le loyer du local commercial ou par référence à des
valeurs antérieures, peuvent également être
utilisées en complément.
Nature du commerce
Fourchette de valeurs
Unité de barème
A -
Accessoires automobiles
15 à 35
% CA TTC/an
Administrateur de
biens et syndic
50 à 220
% honoraire TTC/an
Agence de publicité
20 à 65
% CA TTC/an
Agence de voyage
25 à 100
% CA TTC/an
Agence immobilière
0,5 à 1,5
bénéfice net annuel
Agence matrimoniale
40 à 60
% CA TTC/an
Alimentation
générale
60 à 145
recette journalière
TTC
Ambulances
55 à 85
% CA TTC/an
Ameublement
30 à 50
% CA TTC/an
Animalerie -
Aquariophilie - Oisellerie
50 à 90
% CA TTC/an
Antiquités
45 à 100
% CA TTC/an
Appareils médicaux
15 à 40
% CA TTC/an
Armurier
35 à 55
% CA TTC/an
Articles de bureaux
30 à 60
% CA TTC/an
Articles de pêche
35 à 50
% CA TTC/an
Articles de sport
30 à 60
% CA TTC/an
Arts de la table -
Cadeaux - Listes de mariage
45 à 75
% CA TTC/an
Assurances
(Courtage)
0,7 à 1,8
commissions annuelles
Auto-école
30 à 55
% CA TTC/an
B -
Bar à vins
100 à 300
recette journalière
TTC
Bazar
10 à 50
% CA TTC/an
Bijouterie
fantaisie
40 à 120
% CA TTC/an
Bijouterie -
Horlogerie
30 à 70
% CA TTC/an
Blanchisserie de
détail
40 à 70
% CA TTC/an
Blanchisserie
industrielle
40 à 80
% CA TTC/an
Bois, Charbon et
Fuel
20 à 60
% CA TTC/an
Bonneterie,
Lingerie, Mercerie
40 à 80
% CA TTC/an
Boucherie
25 à 60
% CA TTC/an
Boulangerie -
Pâtisserie
50 à 120
% CA HT/an
Bricolage
20 à 60
% CA TTC/an
Brocante
40 à 70
% CA TTC/an
C -
Cadeaux - Articles de Paris
30 à 70
% CA TTC/an
Café
300 à 1000
recette journalière
TTC
Café - Tabac /
Remise nette tabac
2 à 4
ans de remise nette
tabac
Café - Tabac /
Tabletterie
80 à 160
% CA TTC/an
Carburant
10 à 20
% CA TTC/an
Carrelage
10 à 40
% CA TTC/an
Carterie - Gadget
40 à 90
% CA TTC/an
Cave à vins
20 à 60
% CA TTC/an
Centre de remise en
forme
60 à 110
% CA TTC/an
Chapellerie
1 à 5
bénéfice net annuel
Charcuterie
30 à 90
% CA TTC/an
Chaussures (Détail)
40 à 90
% CA TTC/an
Cheminée (Vente et
installation)
15 à 30
% CA TTC/an
Chemiserie
40 à 110
% CA TTC/an
Cinéma
40 à 100
recette
taxable/semaine
Clinique
30 à 50
% CA TTC/an
Coiffeur
50 à 120
% CA TTC/an
Confection pour
enfant
30 à 60
% CA TTC/an
Confiserie
80 à 110
% CA TTC/an
Cordonnerie
60 à 130
% CA TTC/an
Crèmerie
60 à 230
recette journalière
TTC
Crêperie
60 à 110
% CA TTC/an
Croissanterie -
Briocherie
50 à 110
% CA TTC/an
Cuirs - Fourrures
25 à 50
% CA TTC/an
Cuisines (vente de)
15 à 40
% CA TTC/an
Cycles et motos
15 à 40
% CA TTC/an
D -
Diététique - Produits naturel
20 à 50
% CA TTC/an
Discothèque
180 à 370
recette journalière
TTC
Disquaire
15 à 60
% CA TTC/an
Droguerie
20 à 50
% CA TTC/an
E -
Ébénisterie - Menuiserie
15 à 60
% CA TTC/an
Électricité
automobile
30 à 60
% CA TTC/an
Électricité
générale
10 à 30
% CA TTC/an
Électroménager,
Hi-Fi, TV, Vidéo, radio
10 à 60
% CA TTC/an
Épicerie en
libre-service
50 à 150
recette journalière
TTC
Épicerie fine
100 à 400
recette journalière
TTC
F -
Faïence, Porcelaine, Verrerie
45 à 75
% CA TTC/an
Fleuriste en
libre-service
30 à 60
% CA TTC/an
Fleuriste
traditionnel
45 à 90
% CA TTC/an
Franchises
Voir
les activités correspondantes
Fromageries -
Spécialités
25 à 60
% CA TTC/an
Fruits et légumes
15 à 70
% CA TTC/an
G
- Galerie d'art
50 à 200
% CA TTC/an
Garage - Atelier
30 à 50
% CA TTC/an
Garage - Station
service
35 à 50
% CA TTC/an
Garage - Vente de
voitures d'occasion
5 à 30
% CA TTC/an
Garage - Vente de
voitures neuves
10 à 35
% CA TTC/an
Garage - Hôtel
100 à 350
recette journalière
TTC
Grains
50 à 120
% CA TTC/an
H - Herboriste
30 à 90
% CA TTC/an
Hôtel de tourisme
200 à 800
recette journalière
TTC
Hôtel meublé
250 à 900
recette journalière
TTC
I
- Import - Export
10 à 40
% CA TTC/an
Imprimerie
5 à 40
% CA TTC/an
Informatique
(Bureautique - Micro)
10 à 30
% CA TTC/an
Informatique
(Conception de logiciels)
5 à 50
% CA TTC/an
Informatique
(Conseil)
15 à 55
% CA TTC/an
Informatique
(Négoce divers)
10 à 200
% CA TTC/an
Instruments de
musique (Vente d')
5 à 40
% CA TTC/an
J - Jardinerie - Paysagiste
10 à 60
% CA TTC/an
Jeux - Jouets
20 à 60
% CA TTC/an
Journaux et
périodiques
25 à 60
% CA TTC/an
L
- Laboratoire
d'analyses médicales
35 à 100
% CA TTC/an
Laverie automatique
80 à 130
% CA TTC/an
Librairie - Édition
25 à 70
% CA TTC/an
Librairie -
Papeterie
30 à 130
% CA TTC/an
Licence de débit de
boisson (IV)
De 6 000 € à 50 000 €
selon les possibilités de transfert